Le système d'ascension

Chapitre 18 — Les premiers adversaires

Le premier sifflement fut suivi d'un second.

Puis d'un troisième.

La forêt, qui semblait morte quelques instants plus tôt, reprit soudain vie.

Des feuilles frémirent.

Des branches bougèrent.

Quelque chose se déplaçait rapidement entre les arbres.

Le vieil homme banda immédiatement son arc.

Son regard balayait les alentours sans jamais s'arrêter.

— Reste derrière moi, ordonna-t-il.

Vaelor secoua légèrement la tête.

— Non.

Il dégaina son épée.

— Si nous sommes attaqués, je me battrai.

Le vieil homme lui lança un bref regard.

Il comprit aussitôt que le jeune aventurier ne fuirait pas.

— Très bien... mais ne cherche pas à jouer les héros.

À cet instant, une silhouette surgit d'un buisson.

Un homme masqué.

Il portait une courte épée et un bouclier de cuir.

Il ne prononça pas un mot.

Il chargea.

Le vieil archer décocha une flèche.

L'inconnu leva son bouclier.

Clang !

La flèche rebondit.

Une seconde silhouette apparut aussitôt sur la droite.

Puis une troisième.

Ils étaient organisés.

Ils avançaient lentement, cherchant à encercler leurs deux cibles.

Vaelor plissa légèrement les yeux.

Une lueur discrète traversa son regard.

Analyse.

Les informations apparurent brièvement dans son esprit.

[Humain — Inconnu]

Niveau estimé : 12

État : entraîné au combat rapproché

Style : offensif, coordination en groupe

Il serra légèrement la mâchoire.

« Plus forts que de simples bandits… »

— Des bandits ? demanda Vaelor.

Le vieil homme répondit sans quitter les ennemis des yeux.

— Non.

— Des mercenaires ?

— Non plus.

— Alors qui sont-ils ?

— Des gens qui ne veulent pas que certains secrets soient découverts.

Cette réponse n'apaisa en rien les inquiétudes de Vaelor.

Le premier assaillant arriva à portée.

Vaelor fit un pas de côté.

Son père lui avait appris qu'une bonne esquive valait souvent mieux qu'un échange de coups.

L'épée adverse fendit l'air.

Vaelor pivota.

Dans le même mouvement, il frappa.

Sa lame heurta celle de son adversaire.

L'impact remonta jusqu'à son épaule.

« Il est plus fort que moi... »

Sans perdre son sang-froid, il recula immédiatement.

— Trop lent… murmura-t-il pour lui-même, comme pour se rappeler une leçon apprise depuis longtemps.

Ne pas rester immobile.

Ne jamais offrir une cible facile.

Il tourna autour de son adversaire, cherchant à briser son rythme, à forcer une erreur.

— Tu fuis ? lança le bandit d’une voix étouffée derrière son masque.

Vaelor ne répondit pas.

Chaque respiration devenait plus régulière.

Chaque mouvement plus précis.

Il sentait son cœur battre, mais il refusait de le laisser dicter ses gestes.

Le bandit tenta une nouvelle attaque, plus rapide, plus directe.

— Je vais t’attraper !

Vaelor para le coup.

Le choc résonna dans son bras, mais il tint bon.

Cette fois, il sentit une ouverture.

Une faille minuscule, presque invisible.

— Maintenant…

Il frappa d’un mouvement horizontal, net et contrôlé.

L’homme recula juste à temps.

Le tissu de sa manche fut entaillé.

Une légère coupure apparut sur son bras.

— Tch… fit le bandit en jetant un regard surpris à sa blessure.

Il porta instinctivement la main à son bras, comme s’il n’en croyait pas ses yeux.

L'inconnu fixa la blessure.

Puis son regard se posa sur Vaelor.

Pour la première fois, une hésitation traversa ses yeux.

— …Tu sais te battre, finalement, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour son adversaire.

Le jeune aventurier n'était pas aussi inexpérimenté qu'il l'avait imaginé.

— Je ne suis pas là pour perdre du temps, répondit Vaelor d’une voix calme, mais ferme.

Pendant ce temps, le vieil archer tenait les deux autres ennemis à distance.

— Avancez encore, et vous aurez une flèche dans la jambe, prévint-il sans élever la voix.

Chaque flèche était tirée avec une précision remarquable.

Elles sifflaient dans l’air, forçant les assaillants à se replier ou à lever leurs boucliers au dernier instant.

Il ne cherchait pas à tuer.

— Je vous le répète, reculez, dit-il froidement.

Seulement à empêcher leurs adversaires d'approcher.

Les deux hommes échangèrent un regard, hésitants, incapables de trouver une ouverture face à ce tir constant et méthodique.

— Vaelor !

Le jeune homme tourna brièvement la tête.

— Ne les poursuis jamais !

À peine ces mots prononcés, le premier assaillant lança une poignée de poussière au visage de Vaelor.

Instinctivement, celui-ci ferma les yeux.

Il recula de deux pas.

Lorsqu'il les rouvrit...

Les trois hommes avaient disparu.

Seules quelques branches continuaient de bouger au loin, comme si la forêt elle-même hésitait encore à se rendormir.

Le silence retomba aussi vite qu'il avait été brisé.

Vaelor resta immobile, les muscles encore tendus, l’épée à moitié levée. Il écoutait. Un souffle, un pas, n’importe quoi… mais il n’y avait plus rien.

Puis il rengaina lentement sa lame, le geste mesuré, presque prudent.

— Ils sont partis… souffla-t-il enfin.

Le vieil homme acquiesça sans quitter la lisière des arbres des yeux.

— Oui.

Vaelor tourna légèrement la tête vers lui, encore sur ses gardes.

— Pourquoi avoir fui ? Ils avaient l’avantage du nombre.

L’archer s’accroupit calmement et ramassa l’une de ses flèches tombée au sol. Il l’essuya du pouce, comme si de rien n’était.

— Parce qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient.

Vaelor fronça les sourcils, l’incompréhension se lisant clairement sur son visage.

— C’est-à-dire ?

Le vieil homme se redressa enfin et rangea la flèche dans son carquois.

— Ils voulaient savoir qui avait découvert cette borne.

Un silence plus lourd s’installa.

Le jeune aventurier sentit un frisson lui parcourir le dos. Cette fois, ce n’était plus l’adrénaline du combat… mais quelque chose de plus froid. De plus inquiétant.

Cela signifiait qu’il venait d’être identifié.

Qu’il n’était plus un simple explorateur anonyme.

Le vieil homme, lui, observa une dernière fois la pierre gravée, comme s’il cherchait à en mémoriser chaque détail.

Puis il parla, plus lentement.

— Écoute-moi bien, Vaelor.

Le jeune homme releva aussitôt la tête, surpris par le ton soudainement sérieux.

— Vous connaissez mon nom ?

Un léger sourire passa sur le visage ridé de l’archer.

— Tu l’as inscrit dans ton carnet il y a quelques minutes. Et tu n’as pas exactement été discret en le lisant à voix basse.

Vaelor cligna des yeux, puis détourna légèrement le regard, gêné.

— Ah… oui.

Le vieil homme reprit, son ton redevenant grave.

— Termine ta mission. Fais ton rapport à la Guilde. Et surtout, ne traîne pas ici plus longtemps que nécessaire.

Vaelor hésita.

— Et vous ?

L’archer se redressa complètement, ajustant la sangle de son arc sur son épaule.

— Moi…

Il laissa son regard glisser vers la forêt, comme s’il y voyait autre chose que des arbres.

— J’ai quelques vieilles connaissances à retrouver.

Vaelor ouvrit la bouche pour poser une autre question, mais le vieil homme ne lui en laissa pas le temps.

Sans attendre de réponse, il fit un pas en arrière, puis un autre, et s’enfonça entre les troncs avec une aisance presque irréelle.

— Attendez ! lança Vaelor.

Mais déjà, les branches se refermaient derrière lui.

Quelques instants plus tard, il avait disparu.

Le silence reprit sa place, plus profond encore qu’avant.

Vaelor resta seul.

Il expira lentement, comme s’il réalisait seulement maintenant qu’il retenait sa respiration depuis le combat.

Puis il se tourna vers la pierre.

Le symbole gravé semblait presque le fixer en retour.

Il s’en approcha, passa doucement les doigts sur les marques anciennes.

— Qu’est-ce que tu caches… ? murmura-t-il.

Cette simple mission d’exploration venait de prendre une tournure inattendue.

Ce n’était plus seulement un rapport qu’il allait remettre à la Guilde.

C’était devenu quelque chose de plus grand.

De plus dangereux.

Il venait peut-être de mettre au jour le premier indice d’un secret oublié depuis des générations.

Et, sans le vouloir…

Il venait d’attirer l’attention de personnes prêtes à tout pour le préserver.

────────────────────

Quête mise à jour

Les anciennes routes forestières

Objectif principal : Explorer la route abandonnée.

Objectif secondaire découvert :

Signaler la présence d'individus armés opérant dans la zone.

Récompense supplémentaire possible : Inconnue.

Visit and read more novel to help us update chapter quickly. Thank you so much!

Report chapter

Use arrow keys (or A / D) to PREV/NEXT chapter