Le système d'ascension

Chapitre 29 — L'investissement

La chambre était plongée dans un calme presque absolu.

Seule la lumière de la lune traversait la fenêtre ouverte, projetant une pâle lueur sur le bureau où reposaient les récompenses obtenues quelques instants plus tôt.

Les cinq potions de soins.

La pierre d'affûtage de qualité.

La carte d'expérience.

Et surtout...

Le plan de fabrication de la dague en acier renforcé.

Vaelor contempla ces objets quelques instants avant de reporter son attention sur la fenêtre du Système.

Son regard s'arrêta sur une ligne bien précise.

Réservoir d'expérience : 925 651 XP.

Même après plusieurs lectures, ce nombre lui paraissait irréel.

Depuis son arrivée dans ce monde, cette réserve n'avait cessé de croître.

Et jusqu'à aujourd'hui...

Il s'était contenté de l'observer.

Il inspira profondément.

— Il est temps de voir ce dont tu es réellement capable...

Il tendit lentement la main.

— Ouvrir le réservoir d'expérience.

La fenêtre changea aussitôt.

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Réservoir d'Expérience

Capacité : Illimitée

Expérience disponible :

925 651 XP

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Une seconde fenêtre apparut immédiatement.

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Utilisation de l'expérience

Sélectionnez les améliorations.

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Vaelor réfléchit quelques instants.

Puis il prit sa décision.

— Améliorer le maniement de l'épée jusqu'au niveau trente-cinq.

— Améliorer la forge jusqu'au niveau vingt-cinq.

— Améliorer l'herboristerie jusqu'au niveau vingt-cinq.

— Améliorer le pistage jusqu'au niveau vingt-et-un.

Les fenêtres du Système défilèrent rapidement.

Puis une confirmation apparut.

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Compétences sélectionnées

Maniement de l'épée

Confirmé Niv. 25 → Expert Niv. 35

Forge

Apprenti Niv. 15 → Confirmé Niv. 25

Herboristerie

Apprenti Niv. 15 → Confirmé Niv. 25

Pistage

Novice Niv. 1 → Confirmé Niv. 21

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XP nécessaire : 418 360 XP

XP restante après amélioration : 507 291 XP

Confirmer ?

[Oui]

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Vaelor fixa la fenêtre pendant plusieurs secondes.

Une telle quantité d'expérience...

Quelques jour plus tôt, il n'aurait même pas imaginé qu'un tel chiffre puisse exister.

Pourtant...

Le réservoir contenait encore largement de quoi continuer à progresser après cette dépense.

Il posa lentement sa main sur la fenêtre.

— Confirmer.

Pendant un bref instant...

Le temps sembla s'arrêter.

Puis...

Une chaleur indescriptible envahit tout son corps.

Ce n’était pas une simple sensation. C’était comme si quelque chose s’était brisé en lui pour laisser passer un flot immense d’informations. Une vague brûlante lui traversa la poitrine, remonta jusqu’à sa tête, et explosa dans son esprit.

Son cœur accéléra brusquement, au point qu’il eut l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine.

— Qu’est-ce que…

Il n’eut même pas le temps de finir sa pensée.

Il dut fermer les yeux.

Son corps se crispa légèrement, ses doigts se refermant instinctivement sur le bord de la table pour ne pas tomber.

Son esprit fut submergé.

Des milliers d’images défilaient à une vitesse vertigineuse, sans ordre, sans pause, comme si quelqu’un avait ouvert en lui une bibliothèque entière et en avait renversé tous les livres d’un seul coup.

Il se vit combattre avec une épée dans d’innombrables situations.

Des champs de bataille.

Des ruelles étroites.

Des forêts sombres.

Face à un adversaire armé d’une lance, il apprenait à briser la distance, à esquiver au dernier instant, à frapper là où l’ouverture n’existait qu’une fraction de seconde.

Puis contre un guerrier équipé d’un bouclier, il comprenait comment contourner la défense, comment feinter, comment forcer une erreur.

Des attaques.

Des feintes.

Des parades.

Des contre-attaques.

Tout s’enchaînait sans pause, comme une danse brutale et parfaite.

Chaque mouvement semblait parfaitement logique, comme si son corps avait toujours su le faire.

Chaque erreur était immédiatement corrigée, avant même qu’il ne puisse la commettre.

Puis les images changèrent brutalement.

Le vacarme d’une forge remplaça celui des combats.

Le choc du métal contre le métal résonnait dans sa tête.

Le feu rugissait.

Le métal rougissait sous la chaleur, devenant malléable, vivant presque.

Le marteau frappait avec une précision presque parfaite, encore et encore, jusqu’à ce que la forme apparaisse.

Vaelor comprenait instinctivement pourquoi chaque coup devait être porté à cet endroit précis.

Pourquoi un angle légèrement différent pouvait affaiblir toute une lame.

Pourquoi une mauvaise température pouvait ruiner des heures de travail.

Pourquoi une arme pouvait se briser au premier choc… ou survivre à des décennies de guerre.

Puis vinrent les plantes.

Des centaines d’entre elles.

Des images de racines, de feuilles, de fleurs, de champignons.

Certaines guérissaient les blessures les plus graves.

D’autres tuaient sans laisser de trace.

Certaines n’étaient efficaces qu’à une saison précise, sous une lumière précise, dans un sol précis.

D’autres perdaient toutes leurs propriétés si elles étaient cueillies quelques heures trop tard.

— Trop tard… ou trop tôt… murmura inconsciemment son esprit.

Enfin...

La forêt.

Le silence.

Le vent.

Une simple empreinte dans la boue.

Une feuille retournée.

Une branche cassée.

Une pierre déplacée de quelques centimètres.

Rien ne semblait important.

Et pourtant…

Son esprit reliait automatiquement chaque détail.

Comme si chaque indice racontait une histoire complète.

Un passage.

Une direction.

Une intention.

Une présence.

Puis...

Tout s’arrêta.

Le flot s’éteignit d’un coup, comme une bougie soufflée dans le noir.

Vaelor ouvrit brutalement les yeux.

Il inspira violemment, comme s’il venait de remonter à la surface après avoir été noyé.

Sa respiration était rapide, irrégulière.

Son front était couvert de sueur.

Ses mains tremblaient légèrement.

Il resta assis plusieurs instants sans bouger, incapable de comprendre immédiatement ce qu’il venait de vivre.

Il avait l’impression d’avoir vécu plusieurs années en quelques secondes.

— …C’était quoi, ça… ?

Instinctivement, il saisit son épée.

Le contact du métal le ramena un peu à la réalité.

Son corps adopta naturellement une garde qu’il n’avait encore jamais utilisée.

Ce n’était pas réfléchi.

C’était… instinctif.

Il enchaîna plusieurs mouvements.

Un pas en avant.

Une rotation du poignet.

Une feinte.

Une coupe rapide.

La fluidité était incroyable.

Mais quelque chose clochait.

Il s’arrêta net.

Son regard se durcit.

— Non…

Il recommença.

Plus lentement cette fois.

Chaque geste était correct.

Parfait même.

Et pourtant…

Quelque chose n’allait pas.

Il connaissait ces techniques.

Il savait exactement comment les exécuter.

Mais son corps…

N’avait pas encore l’habitude de les utiliser.

Ses muscles répondaient avec un très léger retard.

Son équilibre n’était pas encore parfaitement ajusté.

Comme si son esprit était déjà en avance sur son corps.

Vaelor baissa lentement son arme.

Le silence retomba dans la pièce.

Puis, un sourire apparut sur son visage.

Pas un sourire de déception.

Un sourire de compréhension.

— Je comprends…

Sa voix était plus calme, plus posée.

— Le Système ne m’a pas donné des années d’entraînement…

Il serra légèrement le manche de son épée.

— Il m’a donné les connaissances.

Il leva les yeux vers le vide, comme s’il s’adressait à quelque chose d’invisible.

— Les réflexes… la théorie… la mémoire des gestes…

Il inspira profondément.

— Mais le corps, lui… doit encore apprendre.

Il relâcha doucement son arme.

Et pour la première fois depuis longtemps, il ne ressentit aucune frustration.

Seulement une certitude.

— Alors je vais m’entraîner.

Un léger sourire plus sincère apparut.

— Encore et encore.

Parce qu’au fond…

Il n’avait rien obtenu gratuitement.

Le Système ne lui avait pas offert la victoire.

Il lui avait offert un chemin.

Et maintenant…

C’était à lui de le parcourir.

Une nouvelle notification apparut.

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Améliorations terminées

Maniement de l'épée →Expert Niv. 35 Forge →Confirmé Niv. 25 Herboristerie →Confirmé Niv. 25 Pistage →Confirmé Niv. 21

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XP consommée : 418 360 XP

XP restante : 507 291 XP

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Vaelor consulta ensuite son statut.

Ses nouvelles compétences étaient bien enregistrées.

Ses quinze points de statistiques étaient toujours disponibles.

Il hésita quelques instants.

Puis secoua doucement la tête.

— Pas encore...

Je les utiliserai lorsque je saurai exactement ce dont j'ai besoin.

Il referma le Système.

Son regard se posa alors sur le plan de fabrication obtenu dans le dernier coffre.

Il le prit délicatement entre ses mains.

Les schémas étaient d'une précision remarquable.

Même avec ses nouvelles connaissances en forge, il comprenait que ce document avait une valeur considérable.

Il descendit l'escalier.

Marcus était encore dans la forge, occupé à nettoyer son établi. Le bruit régulier du métal frotté contre la pierre résonnait dans la pièce, accompagné de la chaleur persistante des braises encore actives dans le foyer. La lumière orangée des flammes dansait sur les murs de pierre, donnant à l’endroit une atmosphère à la fois familière et intense.

En voyant son fils arriver avec un rouleau de parchemin soigneusement tenu entre ses mains, Marcus releva immédiatement la tête. Il s’arrêta net dans son geste, posant son outil sur le côté.

— Tu travailles encore à cette heure-ci ? demanda-t-il d’un ton à la fois surpris et curieux.

Vaelor s’approcha sans répondre tout de suite. Il semblait concentré, presque solennel. Arrivé devant l’enclume, il déroula lentement le plan, prenant soin de ne pas le froisser, puis le posa à plat sur la surface métallique encore tiède.

— J’aimerais avoir ton avis, dit-il simplement.

Marcus fronça légèrement les sourcils. Il s’essuya les mains sur son tablier de cuir avant de s’approcher. Son regard se posa d’abord distraitement sur le parchemin… puis il s’arrêta.

Il se pencha un peu plus.

Ses yeux parcoururent les premières lignes.

Puis il s’immobilisa complètement.

Un silence s’installa.

Ses pupilles se dilatèrent légèrement, signe qu’il venait de comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un document ordinaire. Il relut une seconde fois, plus lentement, comme pour s’assurer de ne pas se tromper.

Enfin, il releva la tête vers son fils.

— Où as-tu trouvé ça ? demanda-t-il, cette fois avec une gravité nouvelle dans la voix.

Vaelor ne détourna pas le regard.

— Dans un coffre reçu après une mission, répondit-il calmement.

Marcus resta silencieux un instant. Il reporta son attention sur le plan, cette fois avec une concentration totale. Ses doigts effleurèrent presque le parchemin sans le toucher, comme s’il craignait de l’abîmer.

Son expression changea progressivement. La surprise laissa place à une admiration sincère, presque incrédule.

— Ce n’est pas un simple dessin... murmura-t-il.

Il inspira profondément avant de continuer.

— C’est un véritable plan de fabrication.

Il marqua une pause, puis ajouta avec plus d’intensité :

— Et il est d’une qualité exceptionnelle.

Il leva une main et désigna plusieurs sections du document.

— Regarde ici… les proportions sont exactes, parfaitement équilibrées. Et là, les températures sont indiquées avec une précision rare. Même l’ordre des opérations est détaillé étape par étape.

Il secoua légèrement la tête, comme s’il avait du mal à y croire.

— Ce genre de précision… on ne le voit presque jamais. Même dans les ateliers des maîtres forgerons.

Il resta silencieux quelques secondes, absorbé par ses pensées. Puis, lentement, un sourire se dessina sur son visage.

Un sourire sincère, presque fier.

— Vaelor…

Il releva les yeux vers lui.

— Avec un document pareil…

Il marqua une courte pause, comme pour mesurer l’importance de ses mots.

— Je peux t’enseigner une forge bien plus avancée que ce que je prévoyais.

Le jeune aventurier sentit son cœur s’accélérer légèrement. Une chaleur familière monta en lui, mélange d’excitation et de détermination. Il venait d’investir des centaines de milliers de points d’expérience, d’acquérir des connaissances qu’il n’aurait jamais imaginées quelques jours plus tôt.

Et pourtant…

En regardant son père, en voyant ce plan entre ses mains, en entendant ces mots…

Il eut une certitude claire.

Le véritable apprentissage…

Ne faisait que commencer.

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