Vaelor ne s'attarda pas davantage devant l'ancienne porte.
Il jeta un dernier regard vers les lourdes chaînes rouillées qui la maintenaient fermée.
Aucun autre bruit ne se fit entendre.
Le silence était revenu.
Mais il ne lui paraissait plus naturel.
Il inspira profondément.
Puis reprit sa mission.
Les heures suivantes furent consacrées à la cartographie des galeries encore accessibles.
À chaque embranchement, Vaelor s'arrêtait quelques instants.
Il observait.
Mesurait.
Notait.
Grâce à Pistage, il remarqua plusieurs détails qui auraient probablement échappé à un autre aventurier.
Des pierres récemment déplacées.
Des traces de bottes anciennes.
Quelques conduits volontairement murés.
Il dessina soigneusement chacun d'eux dans son carnet.
À plusieurs reprises, il croisa de nouvelles colonies de rats géants.
Quelques slimes translucides occupaient également certaines salles inondées.
Aucune créature ne représenta une réelle menace.
Son entraînement récent faisait toute la différence.
Pourtant...
Il restait prudent.
Le souvenir de la porte impériale ne quittait plus son esprit.
Lorsque la lumière de sa lanterne commença à faiblir, Vaelor décida de remonter.
Les escaliers débouchèrent finalement sur la petite bâtisse du Service des ouvrages souterrains.
Osric leva immédiatement les yeux en le voyant revenir.
— Déjà ?
Vaelor posa doucement son carnet sur la table.
— La mission est terminée.
Le vieil homme ouvrit immédiatement le registre.
Il parcourut les premières pages.
Puis son expression changea, devenant soudain plus grave, presque méfiante.
— Tu as tout relevé...
Il feuilleta les pages avec une lenteur inhabituelle, comme s’il cherchait une erreur, une incohérence, quelque chose qui ne devrait pas s’y trouver.
— Les galeries.
— Les effondrements.
— Même les anciens embranchements condamnés...
Sa voix se fit plus basse à chaque ligne, comme si la simple énumération des lieux réveillait de vieux souvenirs qu’il aurait préféré oublier.
Vaelor acquiesça calmement.
— J'ai essayé d'être le plus précis possible.
Osric ne répondit pas immédiatement. Il continua de lire, page après page, ses doigts serrant de plus en plus le bord du carnet.
Puis, soudain, il s’arrêta brutalement.
Le mouvement fut si net que le silence de la pièce sembla se figer autour de lui.
Son doigt resta posé sur une phrase, immobile, comme s’il refusait de la laisser disparaître.
Il releva lentement les yeux vers Vaelor.
Son regard avait changé.
— Attends...
Il relut une seconde fois, plus lentement encore, chaque mot semblant peser davantage que le précédent.
Présence sonore détectée derrière une ancienne porte impériale condamnée.
Le vieillard resta silencieux plusieurs secondes.
Un silence lourd, presque étouffant, où même le bois de la pièce semblait craquer plus doucement.
— Tu es certain de ce que tu as entendu ?
Sa voix n’était plus simplement interrogative. Elle cherchait une faille, une hésitation, un doute auquel s’accrocher.
— Oui.
La réponse de Vaelor fut immédiate, sans tremblement.
Osric referma lentement le carnet.
Le geste fut mesuré, presque solennel.
Son visage, habituellement marqué par une fatigue tranquille et une certaine bonhomie, avait perdu toute trace de bonne humeur.
Il ne restait plus qu’une gravité froide, ancienne.
— Suis-moi.
Il conduisit Vaelor jusqu'à une petite pièce située à l'arrière du bâtiment.
Une vieille armoire métallique occupait presque tout un mur.
Après avoir cherché quelques instants, il en sortit un dossier relié de cuir brun.
Les pages étaient épaisses.
Très anciennes.
Il en ouvrit une.
— Cette porte...
Il posa doucement le dossier sur la table.
— Elle existe depuis bien avant ma naissance.
Vaelor observa le croquis.
Il reconnut immédiatement la rosace qu'il avait dessinée quelques heures plus tôt.
Osric poursuivit.
— Plusieurs équipes l'ont déjà étudiée.
Jamais personne n'a réussi à l'ouvrir.
Il marqua une pause.
— Mais surtout...
Il posa lentement son doigt sur une ancienne annotation.
— Personne n'a jamais signalé le moindre bruit derrière.
Le silence retomba.
Vaelor sentit un léger frisson parcourir son dos.
— Vous pensez que...
Osric secoua doucement la tête.
— Je ne pense rien.
Pas encore.
Il referma le dossier.
— En revanche...
Ton rapport va partir directement à la Guilde royale.
Le jeune aventurier acquiesça.
Il s'y attendait.
Une heure plus tard...
Vaelor franchit de nouveau les portes de la Guilde.
La réceptionniste releva immédiatement les yeux.
— Déjà de retour ?
— Mission terminée.
Elle prit le dossier.
Puis parcourut rapidement les premières pages.
Ses yeux s'arrêtèrent sur plusieurs schémas.
— C'est très détaillé...
Vaelor sourit légèrement.
— J'ai essayé de ne rien oublier.
Elle continua sa lecture.
Puis son expression changea exactement comme celle d'Osric.
— Une porte impériale ?
Elle leva immédiatement les yeux.
— Attendez ici.
Sans même attendre sa réponse, elle disparut à l'étage.
Quelques minutes plus tard...
Roland descendit rapidement l'escalier.
Il prit le rapport.
Le parcourut.
Puis releva les yeux vers Vaelor.
— Tu es certain de ce que tu as entendu ?
Vaelor eut presque un sourire.
C'était déjà la troisième fois qu'on lui posait exactement la même question.
— Oui.
Roland resta silencieux.
Puis replia soigneusement le rapport.
— Ce document sera transmis aux archives royales.
Il marqua une courte pause.
— Tu as fait du bon travail.
Vaelor inclina légèrement la tête.
— Merci.
Roland sembla hésiter quelques secondes.
Puis demanda finalement :
— Tu comptes accepter une autre mission demain ?
— Oui.
Le responsable de Guilde esquissa un léger sourire.
— J'avais espéré cette réponse.
Il se dirigea vers le grand tableau des contrats.
Puis décrocha lui-même un parchemin.
— Tiens.
Il le tendit à Vaelor.
Mission : Inspection des anciennes citernes impériales.
Objectif :
Vérifier plusieurs réservoirs souterrains situés dans le vieux quartier ouest.
Difficulté :
Bronze.
Récompense :
25 pièces d'argent.
Prime supplémentaire en cas de découverte inhabituelle.
Vaelor observa quelques instants le contrat.
Puis leva les yeux vers Roland.
— Vous pensez que c'est lié ?
Roland haussa légèrement les épaules.
— Je n'en sais rien.
Il sourit discrètement.
— Mais si quelqu'un peut le découvrir...
J'ai comme l'impression que ce sera toi.
Vaelor prit calmement le contrat.
Pour la deuxième fois en deux jours...
Une simple mission de routine venait peut-être d'ouvrir la porte vers quelque chose de beaucoup plus ancien.
Et, sans encore le savoir...
La capitale cachait sous ses rues autant de secrets que les anciennes forteresses.
Visit and read more novel to help us update chapter quickly. Thank you so much!
Use arrow keys (or A / D) to PREV/NEXT chapter
