Le système d'ascension

Chapitre 7 — Les soupçons de la Guilde

Les coups résonnaient encore contre la porte lorsque Garren sortit de la forge.

Il tenait toujours son marteau dans la main droite. Son tablier de cuir était couvert de poussière de charbon, et une fine couche de sueur brillait sur son front. En voyant les silhouettes qui attendaient devant la maison, son visage se referma immédiatement.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix calme, mais ferme.

Trois personnes se tenaient devant le portail.

Deux hommes portaient une armure de cuir brun ornée de l'emblème de la Guilde des Aventuriers : une épée croisée avec une plume.

Entre eux se trouvait un homme d'une quarantaine d'années.

Grand.

Le visage sévère.

Les cheveux bruns soigneusement attachés derrière la nuque.

Une cicatrice traversait sa joue gauche.

Son manteau bleu foncé indiquait immédiatement un rang supérieur.

Il observa quelques secondes Garren avant de répondre.

— Je suis Roland Vermeil, instructeur de la Guilde d'Aster.

Nous venons parler à votre fils.

À l'intérieur de la maison, Vaelor sentit son estomac se contracter.

« Ils sont déjà là... »

Sa mère se leva brusquement.

— À cette heure-ci ?

Qu'est-ce que cela signifie ?

Roland ne répondit pas immédiatement.

Son regard se posa directement sur Vaelor, qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte.

Les deux hommes se fixèrent quelques instants.

— C'est bien toi...

Vaelor Asteran.

Vaelor acquiesça lentement.

— Oui.

L'instructeur inspira profondément.

— Alors j'ai plusieurs questions à te poser.

Garren fit un pas en avant.

— Mon fils vient à peine de rentrer.

Il est blessé et épuisé.

Les questions peuvent attendre demain.

Roland secoua lentement la tête.

— J'aimerais pouvoir accepter.

Mais quatre aventuriers sont morts.

Sa voix était restée parfaitement stable, presque froide, comme s’il énonçait un simple rapport de mission. Pourtant, ces mots suffirent à alourdir l’air autour de la maison.

Le seul survivant est rentré aujourd'hui.

La Guilde ne peut pas attendre.

Le silence retomba aussitôt, épais et pesant. Même le vent semblait s’être arrêté entre les arbres.

Autour de la maison, les quelques voisins qui avaient entendu les coups commencèrent à sortir discrètement de chez eux. D’abord une porte qui s’ouvre lentement, puis une silhouette qui apparaît dans l’encadrement, hésitante. Personne ne parlait à voix haute, mais tous cherchaient à comprendre ce qui se passait.

Une fenêtre s'entrouvrit.

Puis une autre.

Des rideaux bougèrent légèrement, des regards se glissèrent entre les interstices du bois et du verre. Dans un petit village comme celui-ci, les nouvelles ne restaient jamais longtemps cachées. Elles voyageaient plus vite que le vent, portées par la curiosité et les murmures.

Vaelor remarqua aussitôt plusieurs regards dirigés vers lui.

Curieux.

Inquiets.

Parfois méfiants.

Il sentit le poids de ces yeux sur sa peau comme une pression invisible. Certains semblaient chercher une réponse dans son expression, d’autres déjà une faute dans son silence.

Roland reprit la parole.

— Raconte-moi exactement ce qui s'est passé.

Sa voix était posée, mais il n'y avait aucune chaleur dedans. C'était le ton d'un homme habitué à entendre des récits de mort et de mensonge, et à faire la différence entre les deux.

Vaelor inspira lentement. Il sentit tous les regards se fixer sur lui, comme des poids invisibles sur ses épaules.

Il répéta alors le récit qu'il avait déjà donné à ses parents.

L'expédition.

Le monstre.

L'attaque.

Le chaos.

Le silence.

Chaque mot lui revenait comme un écho lointain, presque irréel, comme si ce n'était pas lui qui avait vécu cela.

Lorsqu'il eut terminé, un silence lourd s'installa.

Roland ne répondit pas tout de suite. Il baissa légèrement les yeux, comme s'il recomposait mentalement la scène.

Puis il releva la tête.

— Tu dis que le monstre était immense.

— Oui.

— Combien mesurait-il ?

Vaelor hésita. Il serra légèrement les poings, cherchant une réponse précise… mais il n’y en avait pas.

— Je...

Il avala sa salive.

— Je ne saurais pas dire.

Tout est allé très vite.

Roland ne sembla ni satisfait ni déçu. Il hocha simplement la tête, comme s’il enregistrait une information incomplète mais attendue.

— Je vois.

Il marqua une courte pause, puis reprit, son ton devenant plus grave.

— Où sont les corps ?

Cette fois, Vaelor sentit son cœur rater un battement.

Les images de la forêt revinrent brutalement. La terre retournée. Les pierres. Le silence pesant entre les arbres.

Les tombes.

Personne ne pouvait les retrouver facilement. Il avait pris soin de les cacher, autant par respect que par instinct.

Il répondit pourtant sans détour.

— Je les ai enterrés.

Un frisson parcourut le petit groupe de la Guilde.

Les deux aventuriers derrière Roland échangèrent immédiatement un regard surpris.

Même les voisins, qui observaient de loin, semblèrent se tendre davantage.

— Tu les as enterrés ? répéta Roland, lentement.

— Oui.

Vaelor soutint son regard.

— Je ne pouvais pas les laisser là.

Le regard de l'instructeur changea légèrement.

La méfiance n’avait pas disparu, mais quelque chose d’autre venait de s’y mêler. Une forme de reconnaissance silencieuse, presque involontaire.

— Tu es resté seul dans cette forêt... juste pour leur offrir une sépulture ?

Sa voix était plus basse cette fois.

— Oui.

Roland resta silencieux quelques secondes de plus. Il observa Vaelor comme s’il essayait de comprendre quel genre de personne pouvait faire cela.

Puis il reprit, d’un ton redevenu neutre :

— Peux-tu nous conduire jusqu’à ces tombes demain matin ?

— Bien sûr.

La réponse fut immédiate.

L’instructeur acquiesça lentement, comme si cela scellait temporairement l’affaire.

Mais avant que la tension ne puisse retomber, une voix s’éleva derrière lui.

— Chef...

C’était l’un des deux aventuriers.

Un jeune homme blond, au visage trop sûr de lui pour son âge. Ses bras étaient croisés, et son regard ne quittait pas Vaelor.

— Je trouve tout cela étrange.

Roland fronça légèrement les sourcils.

— Marcus...

— Non, laissez-moi finir.

Le ton était sec, presque insolent.

Marcus fit un pas en avant, ignorant l’avertissement.

— Un groupe entier est massacré.

Le plus jeune revient vivant.

Sans son épée.

Sans témoin.

Et on devrait accepter cette histoire sans poser de questions ?

Un murmure parcourut les habitants rassemblés autour de la maison. L’air devint plus lourd encore.

Vaelor sentit immédiatement le changement d’atmosphère. Les regards n’étaient plus seulement curieux. Ils devenaient hésitants. Méfiants.

Marcus continua, implacable.

— Peut-être que le monstre existe.

Ou peut-être pas.

Mais une chose est certaine...

Personne n’était là pour voir ce qui s’est réellement passé.

Un silence plus froid encore s’abattit.

La mère de Vaelor porta une main à sa bouche, pâle.

— Vous accusez mon fils ? demanda-t-elle d’une voix tremblante.

Marcus haussa les épaules, comme si la question n’avait pas d’importance.

— J’émets une possibilité.

C’est notre travail.

Garren fit un pas en avant.

Son visage s’était durci, ses yeux étaient devenus tranchants comme de l’acier.

— Fais attention à ce que tu dis.

Marcus ne recula pas. Il soutint même le regard du forgeron.

— Alors qu’il nous prouve qu’il dit la vérité.

Un silence tendu s’installa.

Vaelor sentit quelque chose bouillir en lui. Une colère sourde, profonde.

Mais pas contre Marcus.

Ni contre Roland.

À leur place… il aurait probablement pensé la même chose.

Il ferma brièvement les yeux, inspira lentement, puis les rouvrit.

Quand il parla, sa voix était étonnamment calme.

— Vous avez raison de poser des questions.

Marcus cligna des yeux, surpris par la réponse.

— Hein ?

Vaelor continua sans hausser le ton.

— Si j’étais à votre place, je me méfierais aussi.

Il marqua une courte pause, puis ajouta :

— Je vous conduirai jusqu’aux tombes demain.

Et si cela ne suffit pas...

Il fixa directement Marcus.

— Je répondrai à toutes vos autres questions.

Le calme de Vaelor sembla déstabiliser tout le monde.

Même Roland leva légèrement un sourcil.

L'instructeur observa le jeune homme pendant plusieurs longues secondes.

Finalement, il tourna la tête vers Marcus.

— Cela suffit.

Le jeune aventurier voulut protester.

— Mais...

— J'ai dit : cela suffit.

Marcus serra les dents avant de détourner le regard.

Roland se tourna de nouveau vers Vaelor.

— Nous reviendrons demain à l'aube.

Prépare-toi.

Il marqua une courte pause.

— Et... toutes mes condoléances pour tes compagnons.

Sur ces mots, les trois membres de la Guilde quittèrent lentement la cour.

Les voisins rentrèrent peu à peu chez eux.

Le silence revint enfin.

Personne ne parla pendant plusieurs instants.

Puis Garren posa une main lourde sur l'épaule de son fils.

— Quoi qu'il arrive demain...

Tu n'affronteras pas cela seul.

Vaelor releva les yeux vers son père.

Un léger sourire apparut sur son visage.

— Merci.

Mais alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans la maison, une fenêtre translucide réapparut devant ses yeux.

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Nouvelle quête

Faire éclater la vérité

Objectif :

Prouver votre innocence auprès de la Guilde des Aventuriers.

Récompenses :

2 000 XP Carte d'Expérience ×2 (1 heure) Déverrouillage d'une nouvelle fonctionnalité du Système (??)

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Vaelor fixa longuement la dernière ligne.

Une nouvelle fonctionnalité...

Pour la première fois depuis son arrivée dans ce monde, le système lui promettait autre chose que de simples points d'expérience.

Et il avait le sentiment que cette récompense pourrait changer bien plus que sa simple progression.

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