Le système d'ascension

Chapitre 8 — Les tombes de la forêt

Le soleil n'avait pas encore franchi l'horizon lorsque Vaelor ouvrit les yeux.

Pendant quelques instants, il resta allongé, observant le plafond en bois de sa chambre.

Une sensation étrange l'envahit.

Depuis son arrivée dans ce monde, tout s'était enchaîné à une vitesse folle : son réveil dans la forêt, le système, la découverte de son nouveau corps, le retour au village, les retrouvailles avec ses parents... et maintenant, la Guilde remettait déjà sa parole en question.

Il poussa un long soupir.

— Une journée à peine... souffla-t-il.

J'ai l'impression d'être ici depuis des semaines.

Une notification apparut discrètement devant ses yeux.

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Réservoir d'Expérience

Temps écoulé : 8 heures 17 minutes

XP générée : +4 960

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Vaelor cligna des yeux.

Un sourire se dessina malgré lui.

Le système avait continué à fonctionner pendant son sommeil.

« C'est vrai... »

Même lorsque je dors, le Réservoir continue de se remplir.

Il referma la fenêtre.

Il résista à la tentation de dépenser immédiatement cette expérience.

Mieux valait attendre.

Chaque point pouvait faire la différence.

Quelques minutes plus tard, il descendit dans la pièce principale.

Sa mère préparait déjà le petit-déjeuner.

L'odeur du pain chaud et de la soupe aux légumes emplissait la maison.

En le voyant arriver, elle lui adressa un sourire fatigué.

— Tu as bien dormi ?

— Aussi bien que possible.

Elle posa un bol fumant devant lui.

— Mange.

Tu auras besoin de forces.

Vaelor acquiesça.

Pendant qu'il mangeait, Garren entra à son tour.

Le forgeron avait déjà enfilé ses vieux gants de cuir.

Son regard croisa celui de son fils.

— Ils ne vont plus tarder.

Comme pour lui donner raison...

Trois coups retentirent contre la porte.

Cette fois, ils étaient calmes.

Mesurés.

Garren alla ouvrir.

Roland se tenait devant la maison, accompagné des deux mêmes aventuriers que la veille.

Marcus affichait toujours cette expression arrogante qui donnait envie de lui faire ravaler ses paroles.

En revanche, la jeune femme qui les accompagnait semblait bien plus réservée.

Elle portait un arc dans le dos et observait silencieusement les alentours.

Roland inclina légèrement la tête, son regard passant de Vaelor à Garren avec une neutralité professionnelle.

— Bonjour.

Il marqua une courte pause, comme s’il évaluait déjà la journée à venir.

— Sommes-nous prêts ?

Vaelor se redressa immédiatement, chassant les dernières traces de fatigue de son visage.

— Oui.

Sa réponse était simple, mais assurée.

Sa mère, qui n’avait pas quitté la pièce des yeux depuis l’arrivée des membres de la Guilde, s’approcha aussitôt. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu’elle attrapa doucement celle de son fils.

— Reviens vite, Vaelor…

Sa voix était basse, presque brisée par l’inquiétude qu’elle tentait de cacher.

Vaelor serra doucement ses doigts en retour, comme pour lui transmettre un peu de calme.

— Promis.

Il lui adressa un sourire rassurant, même s’il sentait lui-même une légère tension au fond de la poitrine.

Le petit groupe quitta alors le village.

Les premiers pas furent silencieux, presque solennels. Les maisons s’éloignaient lentement derrière eux, remplacées par les sentiers de terre battue et les premiers arbres de la forêt.

Durant la première heure de marche, personne ne parla.

Seuls les bruits de leurs pas et le chant lointain des oiseaux accompagnaient leur progression.

Marcus marchait en tête, à quelques mètres du reste du groupe, les mains derrière la tête, comme s’il s’ennuyait profondément. Pourtant, son regard restait attentif, scrutant les alentours avec une vigilance discrète.

Roland, lui, avançait au centre du groupe. Son regard ne cessait de balayer le sol, analysant les traces laissées sur le chemin : empreintes d’animaux, branches cassées, signes de passage récents. Rien ne lui échappait.

Quant à Vaelor…

Il était ailleurs.

Son esprit se superposait aux souvenirs du véritable propriétaire de ce corps. Comme si une seconde mémoire guidait ses pas.

Chaque arbre lui semblait familier.

Chaque rocher, chaque racine, chaque tournant du sentier réveillait une sensation de déjà-vu.

Sans même réfléchir, il retrouvait naturellement le chemin.

C’était comme si la forêt elle-même lui parlait.

Marcus finit par briser le silence, sans même se retourner.

— Tu sembles bien retrouver la route.

Sa voix était légèrement moqueuse, mais aussi curieuse.

Vaelor tourna simplement la tête vers lui, sans se presser.

— C’est normal.

Il marqua une courte pause, puis ajouta calmement :

— Je l’ai déjà empruntée.

Marcus haussa les épaules, un sourire en coin apparaissant sur son visage.

— Ou alors tu sais exactement où nous conduire.

Cette remarque fit immédiatement réagir Roland.

Il tourna la tête vers Marcus et lui lança un regard sévère, froid et autoritaire.

— Marcus.

Le simple ton de sa voix suffisait à imposer le silence.

Le jeune aventurier leva aussitôt les mains en signe de reddition, exagérant son geste.

— Très bien, très bien…

Il soupira.

— Je me tais.

Le groupe reprit sa progression dans un silence plus lourd qu’auparavant.

Le temps s’étira.

Les heures passèrent lentement, rythmées par le craquement des branches sous leurs pas et le souffle régulier de la marche.

Après près de trois heures de progression, la forêt changea subtilement d’atmosphère.

Les arbres devinrent plus serrés, leurs troncs plus épais, leurs branches s’entremêlant au-dessus d’eux comme un plafond naturel. La lumière du soleil peinait désormais à traverser le feuillage dense, plongeant le sol dans une pénombre plus froide, plus oppressante.

Même le vent semblait s’être calmé.

Et dans ce silence nouveau…

Quelque chose paraissait les observer.

Vaelor ralentit.

Il reconnaissait enfin les lieux.

Quelques mètres plus loin...

Le sol portait encore les marques du combat.

Des arbres déracinés.

De profondes entailles dans les troncs.

Des éclats d'acier dispersés dans les herbes.

Le silence tomba instantanément.

Même Marcus cessa de parler.

Roland s'agenouilla.

Il passa lentement la main sur une immense griffure creusée dans l'écorce d'un vieux chêne, comme s’il cherchait à en comprendre l’origine par le simple contact. L’écorce était profondément entaillée, arrachée sur plusieurs couches, laissant apparaître le bois brut et meurtri en dessous. On aurait dit que quelque chose d’une force colossale avait lacéré l’arbre sans la moindre difficulté.

Les quatre rainures mesuraient presque un mètre de long, parfaitement parallèles, comme si elles avaient été tracées par des griffes gigantesques. Roland resta un instant immobile, le regard fixé sur ces marques, son expression se durcissant peu à peu.

— Ce n'est pas l'œuvre d'un loup...

murmura-t-il finalement, d’une voix basse et grave.

Il poursuivit son inspection sans attendre de réponse, avançant de quelques pas dans la zone dévastée. Le sol était labouré, couvert de racines arrachées et de terre retournée. Plus loin, un énorme rocher attirait son attention. Il s’en approcha lentement, comme s’il craignait de déranger quelque chose d’encore présent.

Le bloc de pierre, autrefois massif et solide, avait été fendu en deux parties presque égales. La cassure n’était pas nette comme celle d’une lame ou d’un outil. Elle était irrégulière, violente, comme si une force brute l’avait littéralement explosé de l’intérieur.

Non pas par une lame.

Mais par un impact d'une violence monstrueuse.

La jeune archère pâlit immédiatement en comprenant l’ampleur de ce qu’elle observait. Elle recula d’un pas, ses doigts crispés sur la corde de son arc.

— Par les dieux...

Quel genre de créature peut faire ça ?

Sa voix tremblait légèrement, trahissant une inquiétude qu’elle ne parvenait pas à dissimuler.

Vaelor, lui, resta silencieux. Il observait les dégâts avec attention, mais sans surprise apparente. Au fond de lui, il aurait aimé connaître la réponse, mais une partie de lui comprenait déjà que ce qu’ils avaient affronté dépassait largement les créatures ordinaires de cette région.

Roland se redressa lentement, quittant le rocher des yeux. Pour la première fois depuis leur départ du village, il regarda Vaelor autrement. Son regard n’était plus celui d’un instructeur sceptique, mais celui d’un homme confronté à une réalité qu’il n’avait pas voulu croire.

Le récit de Vaelor commençait à prendre une toute autre crédibilité.

— Continue.

Vaelor hocha simplement la tête, sans ajouter de commentaire. Il n’avait pas besoin de se justifier davantage.

Quelques minutes plus tard, le groupe reprit sa progression à travers la forêt silencieuse. L’atmosphère s’était alourdie, comme si les arbres eux-mêmes retenaient leur souffle.

Ils arrivèrent finalement devant les quatre tombes.

Le vent soufflait doucement entre les troncs, faisant onduler les petites croix de bois que Vaelor avait plantées la veille. Le bois grinçait légèrement sous la pression de l’air, donnant à la scène une atmosphère encore plus solennelle.

Personne ne parla.

Même Marcus, habituellement bruyant et provocateur, restait étrangement silencieux.

Roland s’avança lentement. Chacun de ses pas semblait peser davantage que le précédent. Lorsqu’il arriva devant la première tombe, il retira son gant avec une lenteur presque cérémonielle.

Puis il posa sa main sur l’une des croix.

Ses yeux se fermèrent quelques secondes. Son visage se crispa légèrement, comme s’il revivait un souvenir douloureux.

— Merci...

souffla-t-il enfin, d’une voix brisée mais sincère.

Vaelor le regarda avec surprise, ne s’attendant pas à une telle réaction de la part d’un instructeur de la Guilde.

Roland se redressa ensuite, reprenant contenance, même si la tristesse restait visible dans son regard.

— Daren était mon élève.

Je lui avais appris à manier l'épée.

Sa voix resta calme, mais chaque mot semblait chargé d’un poids invisible.

— Je n'aurais jamais imaginé lui survivre.

Un silence lourd s’installa.

Marcus baissa lentement les yeux. Toute son arrogance, toute sa confiance habituelle semblaient s’être dissipées. Il s’approcha finalement de la tombe, hésitant, comme s’il n’était pas sûr d’avoir le droit d’être là.

— Je...

Il s’interrompit, avalant difficilement sa salive.

— Je le connaissais aussi.

Le silence retomba de nouveau, encore plus profond qu’auparavant.

Après quelques instants, Roland se tourna vers Vaelor. Son regard était différent, plus respectueux, presque reconnaissant.

— Tu disais vrai.

Je te présente mes excuses.

Il inclina légèrement la tête, un geste simple, mais rare venant d’un instructeur de la Guilde. Ce geste avait une valeur bien plus grande que de simples mots.

Vaelor répondit aussitôt, sans hésitation.

— Vous faisiez simplement votre travail.

Roland esquissa un léger sourire, discret mais sincère.

— Peu de jeunes de ton âge auraient réagi avec autant de calme.

Marcus, lui, restait immobile, les poings légèrement serrés. Il semblait lutter intérieurement contre son orgueil, contre ce qu’il venait d’admettre.

Finalement, après un long silence, il s’approcha de Vaelor.

— Je...

Il détourna le regard, visiblement mal à l’aise.

— Désolé.

Je t'ai jugé trop vite.

Vaelor ne répondit pas immédiatement. Il observa Marcus un instant, puis tendit simplement la main.

— C'est oublié.

Marcus hésita une seconde, comme s’il n’était pas habitué à ce genre de réponse. Puis, lentement, il serra la main de Vaelor.

Au même instant...

Une fenêtre lumineuse apparut devant les yeux de Vaelor.

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Quête accomplie

Faire éclater la vérité

Objectif accompli.

Récompenses obtenues :

+2 000 XP

Carte d'Expérience ×2 (1 heure)

Nouvelle fonctionnalité débloquée

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Une seconde fenêtre prit immédiatement sa place.

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Nouvelle fonctionnalité débloquée

Analyse

Vous pouvez désormais observer les statistiques générales, le niveau et le potentiel des créatures, objets et individus dont la puissance n'excède pas largement la vôtre.

Niveau actuel : 1

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Le cœur de Vaelor accéléra.

« Analyse... »

Cette capacité allait lui permettre de mieux comprendre le monde qui l'entourait.

Mais avant même qu'il n'ait le temps de l'essayer...

Roland fixa soudain les traces du combat d'un air inquiet.

Il s'accroupit près d'une énorme empreinte profondément enfoncée dans la terre.

Son visage se ferma.

Très lentement.

— Ce n'est pas normal...

murmura-t-il.

La jeune archère s'approcha.

— Qu'y a-t-il ?

Roland passa lentement ses doigts dans l'empreinte.

Puis il releva les yeux vers les profondeurs de la forêt.

Son regard était devenu grave.

Très grave.

— Cette empreinte...

Elle est beaucoup trop fraîche.

Le sang de Vaelor se glaça.

Autour d'eux...

La forêt venait de retomber dans un silence absolu.

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